Guide · 6 min de lecture

Comment choisir un deuxième prénom : rythme, hommage et nom complet

Un deuxième prénom se choisit autrement que le premier : rythme, initiales, hommage, usage et règle de l’état civil, avec des exemples concrets.

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Dans ce guide8
  1. Ce que la règle dit, et ce que les chiffres ne disent pas
  2. 1Décidez à quoi il va servir
  3. 2Jouez sur le rythme
  4. 3Essayez le nom complet, et les initiales
  5. 4Deux prénoms, ou un prénom composé ?
  6. 5Combien de prénoms, et jusqu’où ?
  7. 6Rien n’est tout à fait figé
  8. Les erreurs à éviter

Le premier prénom est celui que votre enfant entendra au quotidien. Le deuxième est plus libre : il peut garder la trace d’un proche, tempérer une audace, ou départager deux parents qui n’ont pas les mêmes goûts. Voici comment le choisir sans l’improviser, et ce qu’il faut savoir avant de le déclarer.

Ce que la règle dit, et ce que les chiffres ne disent pas

En France, le nombre de prénoms n’est pas limité par la loi. Tous les prénoms que vous choisissez sont inscrits sur l’acte de naissance, et Service-Public.fr précise que « tout prénom inscrit dans l’acte de naissance peut être choisi comme prénom usuel, quel que soit son ordre ». Autrement dit, votre enfant pourra un jour préférer son deuxième prénom au premier, et il en aura le droit.

Autre détail utile : le fichier des prénoms de l’Insee ne retient que le premier prénom de chaque personne. Les rangs, les naissances et le « 1 bébé sur N » que vous voyez sur ce site portent donc sur le premier prénom. Un deuxième prénom échappe donc à ces statistiques. Le risque d’homonyme en classe se joue sur le premier prénom, celui que les camarades entendront le plus souvent : le deuxième peut être rare ou très courant, cela ne change pas ce risque.

1. Décidez à quoi il va servir

Un deuxième prénom n’a pas à être « joli en plus ». Il peut remplir une fonction précise :

  • Rendre hommage à un grand-parent ou à un proche, sans imposer ce prénom comme prénom d’usage. C’est tout l’objet de notre guide sur l’hommage à un proche par le prénom.
  • Réconcilier deux goûts. Si l’un de vous veut un prénom classique et l’autre un prénom moderne, le premier peut venir de l’un, le second de l’autre. Notre guide pour se mettre d’accord à deux détaille la méthode.
  • Ouvrir une porte vers une autre langue ou une autre famille, avec un prénom qui sonne chez les grands-parents de l’étranger : voyez le guide sur les prénoms qui marchent dans deux langues.
  • Équilibrer. Un premier prénom très original gagne souvent à être posé sur un second plus classique, et inversement.

2. Jouez sur le rythme

Un bon deuxième prénom change de rythme, ne commence pas par la même lettre que le premier et ne fait pas buter la voix à la jonction. C’est le principe qui guide les suggestions des pages « deuxième prénom » de Vowel, et il se vérifie très simplement à voix haute.

  • Contrastez la longueur. Un prénom long appelle un deuxième plus court, et l’inverse. Pour un prénom long comme Gabriel, la page propose par exemple Jules, Victor ou Achille. Pour Alma, elle propose Rose, Louise ou Jeanne, des prénoms d’une syllabe qui finissent net.
  • Évitez la même initiale. « Louise Léonie » fait écho à lui-même.
  • Évitez deux voyelles collées. Quand le premier prénom finit par une voyelle et que le deuxième commence par une voyelle, la voix hésite : « Léa Éloïse » se prononce mal sans pause.
  • Évitez les rimes. « Mathilde Clotilde » sonne comme une comptine.

Pour Louise, qui se prononce en une seule syllabe, la page propose des deuxièmes prénoms plus longs, comme Joséphine, Juliette ou Gabrielle. Et pour Jules, des prénoms de deux syllabes comme Octave, Félix ou Lucien. Les prénoms les plus donnés ont tous leur page : Louis, Raphaël, Emma, Adèle.

3. Essayez le nom complet, et les initiales

Écrivez le prénom, le deuxième prénom et le nom de famille, puis dites-les d’un trait, comme à l’appel d’une administration ou d’un médecin. Vérifiez trois choses :

  • le rythme global : trois éléments qui commencent et finissent de la même manière deviennent une litanie ;
  • les initiales, qui s’écrivent souvent seules sur un formulaire : forment-elles un mot ou un sigle que vous ne voulez pas ? ;
  • la fin du deuxième prénom face au début du nom de famille : « Marie Élisabeth Étienne » bute sur trois voyelles de suite.

C’est exactement ce que l’application Vowel fait pour chaque prénom que vous essayez : elle l’affiche avec votre nom de famille, les initiales et les autres orthographes, puis propose un outil dédié au deuxième prénom et un autre pour le nom complet.

4. Deux prénoms, ou un prénom composé ?

« Léo Paul » et « Léo-Paul » ne sont pas la même chose. Service-Public.fr indique que les éléments d’un prénom composé sont séparés par un tiret ou par un simple espace, et que les parents précisent leur choix à la déclaration. Pour l’Insee, deux prénoms séparés par un tiret forment un seul prénom composé, alors que deux prénoms séparés par un espace sont deux prénoms distincts, dont seul le premier est compté. Le choix a des conséquences pratiques, que nous détaillons dans le guide sur le prénom composé.

5. Combien de prénoms, et jusqu’où ?

Aucune limite légale n’existe, mais l’officier de l’état civil peut estimer qu’une multiplicité excessive va contre l’intérêt de l’enfant. Deux prénoms suffisent le plus souvent, trois sont déjà beaucoup : chaque prénom de plus est un élément de plus à écrire, à épeler et à retenir.

Le deuxième prénom est contrôlé comme le premier. L’article 57 du Code civil vise les prénoms « ou l’un d’eux, seul ou associé aux autres prénoms ou au nom » : si l’officier juge qu’un prénom contrarie l’intérêt de l’enfant, il en avise le procureur de la République, et c’est le juge aux affaires familiales qui tranche. Notre guide sur ce que dit la loi sur les prénoms explique ce circuit en détail.

6. Rien n’est tout à fait figé

Vous disposez de cinq jours après l’accouchement pour déclarer la naissance (le jour de l’accouchement n’est pas compté, et le délai est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable s’il tombe un week-end ou un jour férié). Ce délai suffit largement si le travail est fait avant. Et si l’un de vous hésite encore sur la fin de la liste, mieux vaut trancher maintenant.

Pour le reste, la loi permet de demander plus tard à la mairie d’ajouter un prénom, d’en supprimer un ou de changer l’ordre des prénoms. La démarche est gratuite, mais elle suppose un intérêt légitime, comme un usage prolongé d’un prénom autre que celui de l’état civil. Ne comptez donc pas dessus comme sur un joker.

Les erreurs à éviter

  • Le lot de consolation. Un deuxième prénom accordé à l’un des parents pour compenser un veto sur le premier ne plaît souvent à personne. Choisissez-le ensemble, avec la même exigence.
  • L’empilement de références. Un prénom pour la grand-mère, un autre pour le parrain, un troisième pour le saint du jour : chacun a son sens, mais la liste finit par alourdir le tout.
  • Le test oublié. Un deuxième prénom qui n’a jamais été dit à voix haute avec le nom de famille a de bonnes chances de buter.

Pour voir quels prénoms vont avec les vôtres, faites le quiz de style : il part de ce que vous aimez déjà.

Sources (5)
  1. Service-Public.fr : Choix du prénom de l’enfant (fiche F882)
  2. Légifrance : Code civil, article 57
  3. Service-Public.fr : Changement de prénom (fiche F885)
  4. Service-Public.fr : Déclaration de naissance (fiche F961)
  5. Insee : Fichier des prénoms (règles de comptage, seul le premier prénom est retenu)

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